La frustration

Attendre. C’était le point de départ de toute apparition, la douce mélodie qui s’en faisait venir la frustration. Mainte fois, je l’avais fréquentée et ce jourd’hui encore je ne pouvais que la sentir s’approcher. Prisonnière de ce que je voulais, acculée et sans force aucune, je la distinguai de plus en plus. Elle choisit de se matérialiser à mes côtés, si proche que son aura glacée parvint à geler jusqu’à mes lèvres étonnées. La frustration me surprenait toujours par son flair, et me faisait redouter les heures prochaines. Le désir accroché au cœur et l’envie plus forte que celle de l’autre.

Espérer. Lentement, l’attente se muait dans un espoir qui en venait à me faire sourire. Je me donnai des idées, des explications qui se perdront dans l’estomac vorace de cette silhouette orangée. La frustration, la bouche d’une horloge formée, absurde et sans logique, faisait résonner un tic, irrémédiablement suivi d’un tac, si forts et pénibles que le silence renonçait à nous rejoindre. Au plus le temps s’enfuyait vers le cosmos, au plus mon être menaçait de tomber dans le vide que se plaisait à construire le manque de la chose tant convoitée. Le désir accroché au cœur et l’envie plus forte que celle de l’autre.

S’offusquer. Oppressée par cette horloge qui n’en finissait pas de me tourmenter, les explications progressaient en accusations et faisaient grandir l’amertume qui s’en vint rejoindre la silhouette orangée privée de bras. La frustration ne peut saisir quelque chose. La frustration est condamnée à attendre qu’on lui donne. « Devrais-je attendre de perdre moi aussi mes bras afin que l’on m’abreuve comme un oisillon incapable ? » tempêtai-je en me levant brusquement. Le désir accroché au cœur et l’envie plus forte que celle de l’autre.

Agir. Muette de par son horloge qui la contraint à ne plus rien demander, la frustration s’écarta de moi. Le poing serré et prête à l’affrontement, je fixai l’étrange, me perdais dans la volute et suivais les aiguilles qui ne tournaient plus. « Je ne puis admettre l’emprisonnement d’une pensée, je ne puis être dépendante et sans initiative aucune ! » crachai-je au visage de la silhouette terrorisée. « Je ne serai pas de celles qui attendent, espèrent et s’offusquent. Sur l’instant, je m’en vais agir et à jamais te terrasser ! » ajoutai-je, le désir accroché au cœur et l’envie plus forte que tout.

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